L'objectif était de rendre compte des pratiques et usages que les auteurs entretiennent avec les divers aspects du numérique. Une enquête a donc été menée entre octobre et décembre 2013, par l'envoi d'un questionnaire en ligne à 430 auteurs de la région (sur les 573 recensés par l'arL, 430 disposent d'une adresse mail).
276 auteurs ont répondu au questionnaire, soit un taux de réponse de 55 % très satisfaisant.

Profil des répondants
Sur les 573 auteurs recensés en Paca nous distinguons :
- les écrivains (75 %),
- les illustrateurs et/ou dessinateurs (17 %),
- les traducteurs (8 %).

Par ailleurs,
- 62,4 %sont des hommes,
- 37,6 % sont des femmes.

Sur les 276 réponses recueillies :
- 78,5 % proviennent des écrivains,
- 17,1 % des illustrateurs et dessinateurs,
- 4,4 % des traducteurs,

soit une bonne représentativité de la population interrogée.

Par ailleurs, sur les 251 auteurs ayant répondu à cette question,
- 125 sont des hommes,
- 126 sont des femmes.


Âge des répondants
Si 50 % des répondants ont entre 41 et 60 ans (les auteurs sont 44 % dans cette tranche d'âge en Paca), on note une forte mobilisation des moins de 40 ans qui ont répondu à 14 % alors qu'ils ne sont que 8,3 % en région.


Les pratiques de lecture
82 % des auteurs ne lisent pas de livres numériques.
Contrairement aux idées reçues, la lecture du livre numérique n'est pas une spécificité de la jeunesse, bien au contraire. en effet, seulement 8,5 % des pratiquants ont moins de 40 ans, 49 % ont de 41 à 60 ans, et 42 % ont plus de 60 ans (parmi lesquels 58 % de femmes et 42 % d'hommes).
Les auteurs jeunesse pratiquent moins la lecture de livre numérique que les autres auteurs.
La portion des auteurs qui déclarent aujourd'hui lire plus de livres numériques que de livres papier n'est que de 6 % ; elle grimpe à 22 % pour les auteurs qui lisent autant sur les deux supports (soit un taux bien plus élevé qu'en Rhône-Alpes dans l'étude réalisée un an auparavant, qui donne 2 % pour les deux cas de figure).


Les supports
Les auteurs qui pratiquent la lecture de livres numériques le font principalement sur ordinateur (plus de 89 %), mais aussi sur liseuse (50 %) et tablette (56 %).




Dans plus de 77 % des cas, les auteurs n'ont pas d'équipement de lecture spécifique. Pour les 23 % restant, un tel équipement (liseuse ou tablette) se trouve davantage dans la tranche des 41-60 ans, et à 58 % chez les femmes.


Les atouts de la technologie numérique
Concernant les atouts et inconvénients de la technologie numérique sur les champs de la diffusion des oeuvres, de l'accessibilité et des usages pédagogiques, et des pratiques illégales de type piratage, le taux de réponse est très élevé.
La moitié des auteurs pensent que le développement de ces technologies vont accroître l'interactivité avec les lecteurs.




Les auteurs et leur présence sur le web
Les auteurs déclarent avoir :
- une page facebook : 56 % (soit 8 % de plus qu'en Rhône-Alpes), dont une large majorité de moins de 40 ans (58 %)
- un site internet : 47 %
- une page sur un site collectif ou un site d'éditeur : 41 %
- un blog : 37 % (7 % de moins qu'en Rhône-Alpes)
- un compte twitter : 17 % (plus fort taux de réponses positives chez les moins de 40 ans avec 26 %).

Le taux de réponse à cette question atteint 89 %. Les auteurs se sentent concernés par le web et leur présence active sur la toile le confirme. À noter cependant qu'ils sont encore assez peu présents (12,5 %) sur les réseaux sociaux de type twitter, linkedin, etc.
On note une relative autonomie des auteurs dans la prise en charge des outils du web. en effet, 62 % déclarent avoir réalisé leur site eux-mêmes alors que 17 % seulement l'ont fait réaliser par un professionnnel rémunéré et 20 % par une tierce personne de leur entourage (sans réponse 1 %).
Pour les blogs, plus faciles d'utilisation, les auteurs sont à l'origine de leur réalisation dans 85 % des cas.
Les 94 % de prise en charge personnelle de facebook s'expliquent par la simplicité de la gestion des pages.
Les auteurs assurent eux-mêmes la mise à jour de leurs supports internet dans plus de 88 % des cas.

Le site, média plus statique que facebook et le blog, est principalement utilisé pour y déposer des informations durables. Les auteurs y privilégient photos ou vidéos (78 %), illustrations (59 %), revues de presse (77 %) et en moindre mesure des textes en cours d'écriture (26 %).
L'agenda est une fonctionnalité utilisée par 58 % des auteurs.



Les auteurs utilisent le blog (peu nombreux) pour y déposer des images (photos, illustrations, dessins) mais aussi – et c'est la grande différence avec les sites internet – pour y déposer des textes inédits (62 %) ou en cours d'écriture.
Le plus grand nombre intervient une fois par mois (45 %).

La page facebook ne contient pas de textes de création.  il est question ici de photos et vidéos, d'agenda, d'actualité immédiate (pour preuve, les auteurs y interviennent dans 36 % des cas 2 à 3 fois par semaine).


Internet et la relation avec le lecteur
Un quart des auteurs interrogés pensent que leur présence sur internet a changé la relation qu'ils entretiennent avec leurs lecteurs. Les échanges sont plus directs, la communication plus efficace, les retours de lectures plus nombreux.


Le numérique et les pratiques de création
À la question “Le développement des techniques et supports numériques a-t-il changé votre manière de créer ?”, les auteurs répondent “non” pour presque 70 % d'entre eux. Alors comment le processus de création évolue-t-il pour les autres ? Ceux-là évoquent la plasticité, la légèreté du support comparativement au papier, la souplesse de la gestion de la documentation, des liens intertextuels, le développement des rapports texte/image, visuel/sonore, mais aussi la vitesse et le confort. Certains avouent avoir perdu en qualité, d'autres être restés ou revenus au papier.

À la question “Les nouveaux supports (blog, twitter, facebook, vidéo, audio...) sont-ils à l'origine de nouvelles pratiques dans votre travail d'écriture ?” les auteurs répondent “non” pour plus de 83 % d'entre eux.
Les auteurs qui ont intégré de nouvelles pratiques d'écriture parlent quant à eux de : poèmes vidéo, chroniques musicales, écriture plus concise, utilisation plus importante d'images (dessins, photos, illustrations), utilisation du son dans l'écriture poétique, pluridisciplinarité ; plusieurs évoquent l'écriture de type diariste de facebook.

20 % des auteurs pensent que la consultation d'internet a empiété sur leur temps de création.


L'édition et les contrats d'édition
53 % des auteurs déclarent avoir signé une clause relative à la cession de droits numériques ; 22 % déclarent quant à eux avoir signé un contrat spécifique avec leur éditeur : 42 % de l'ensemble de ces auteurs ont pu en négocier les termes. La question des contrats numériques ne vient que très faiblement perturber la relation que les auteurs entretiennent avec leur éditeur (8 %).
42,5 % des auteurs déclarent avoir aujourd'hui des livres disponibles au format numérique ; par ailleurs 11 % déclarent avoir des livres n'existant que dans ce format.


Le “plus” du livre numérique, selon 53 % des auteurs, est qu'il soit enrichi
Les auteurs sont 42 % à penser que le livre enrichi est encore un livre, 38 % pensent que ce n'est plus un livre.
20 % ne se prononcent pas.
Si les auteurs ont peu modifié, pour le moment, leurs pratiques de création, 58 % pensent que le livre numérique va changer la nature des oeuvres dans les années à venir, mais pas ou peu l'image de l'écrivain.
de l'avis quasi général, le développement du numérique – et plus particulièrement d'internet –, encourage la mise en relation des auteurs avec d'autres auteurs, d'autres artistes ; il favorise les échanges avec les professionnels du livre et avec les lecteurs.


En guise de conclusion
Journées d'information, colloques et même formations sur la question des usages et pratiques, des contrats et des formats numériques se succèdent de toutes parts.
mais “cent fois sur le métier remettez votre ouvrage”…
À l'agence les demandes nous parviennent toujours, et donc nous poursuivrons !
Ainsi, 66 % des auteurs manquent encore d'information sur les outils et les logiciels pour générer du livre numérique, 64 % souhaitent mieux se repérer dans l'édition numérique, 42 % souhaiteraient une connaissance de base sur les supports (tablettes et liseuses).

Mentionnons toutefois que de nombreuses ressources existent déjà sur le site internet de l'ArL.
Pour le reste, un programme de formations et de rencontres tout tracé en perspective.

Cette étude a été réalisée à partir d'un questionnaire déjà établi par l'Arald pour la région Rhône-Alpes fin 2012.

Accès directs :