Il est des géographies qui ne s'inventent pas. Né à La Seyne-sur-Mer par hasard, Sylvain Prudhomme commence les premiers chapitres de sa vie par une enfance africaine – Cameroun, Niger, Burundi –, puis à l'île Maurice où il passe un bac qui le ramènera à Paris pour des études de Lettres modernes, menées jusqu'à une thèse nonchalamment préparée. Sylvain Prudhomme obtient au passage une agrégation qui ne le conduira pas vers l'Éducation nationale.

Suivront dix années parisiennes qui le verront secrétaire particulier de Valère Novarina (auteur de théâtre et metteur en scène suisse), scénariste pour diverses boîtes de production, traducteur de l'anglais… Dix années d'écriture qui verront également paraître ses premiers romans. Ainsi en 2007 Les matinées d'Hercule, la chronique d'un anti-héros qui extravague du fond de son lit sur les choses de la vie et de la mort, ou trois ans plus tard L'affaire Furtif, un roman burlesque et poétique revisitant le mythe de Robinson en milieu hostile et froid. Étonnants, emprunts d'humour et de gravité, ces premiers ouvrages sont davantage des dispositifs littéraires que des procédés narratifs classiques. Publié la même année, c'est avec Tanganyika Project que le projet d'écriture devient plus personnel, plus africain. S'y mêlent souvenirs d'enfance, récits de guerre et relevés d'inscription urbaines.

En parallèle Sylvain Prudhomme intègre le comité de rédaction du journal Le Tigre. Il pourrait comme on dit, être arrivé. Sauf que non… il n'en a pas fini avec l'Afrique. C'est pourquoi il accepte le poste de directeur de l'Alliance française de Zinguinchor, sur les rivages du fleuve Casamance à l'extrême sud du Sénégal. Il y restera deux ans, avec sa compagne et leur premier enfant. Si le travail est enthousiasmant, le temps de l'écriture manque : “C'était une super vie dorée mais je me demandais comment j'allais me sortir de tout ça sans écrire, j'avais la certitude que ce que je voulais faire c'était écrire”. Lorsqu'elle décroche un poste aux Rencontres internationales de la photo d'Arles, sa femme lui offre une belle porte de sortie. Arles, comme une nouvelle étape. Sylvain Prudhomme passe son dernier été à Zinguinchor en 2011 sous une pluie battante, à écrire Là, avait dit Bahi. Le titre obtiendra le prix Louis Guilloux l'année suivante. Une histoire mémorielle, un récit très proche : “Je devais m'effacer, m'effacer davantage pour raconter une histoire qui m'a touché, une histoire proche, et vraie”.

Une posture de l'effacement qui se retrouve dans son dernier roman Les Grands, à propos duquel, malgré sa proximité évidente avec l'histoire, il précise : “Je ne voulais pas de ma propre présence dans le récit”. Parus chez le même éditeur, les deux derniers livres de Sylvain Prudhomme sont l'écho d'une histoire qui n'est pas la sienne, et c'est dans cette distanciation qu'il déploie une “écriture qui accueille” et invite le lecteur. Aussi humaines dans la rencontre qu'anonymes dans la forme, les histoires qu'il raconte ressemblent à s'y méprendre à l'auteur lui-même, bien qu'il s'y cache : généreuses, curieuses et jamais naïves.

Aujourd'hui Arlésien et pour un temps indéterminé, il mijote un nouveau roman sur les bergers d'Auvergne. Un nouveau roman qui ne sera pourtant pas le prochain… En le faisant dépositaire d'une nouvelle et très belle histoire de vie à raconter – absolument et avant toute chose –, une rencontre, un témoignage, un récit en ont décidé autrement ! Pour l'heure, il goûte modestement au succès rencontré par Les Grands (dont la mention “Révélation française 2014” du magazine Lire) et enchaîne depuis septembre les antennes radiophoniques telles France Culture ou France Inter, les rencontres en librairie et les festivals littéraires, dont à venir le Salon du livre de Paris, la Fête du livre de Bron, le Printemps du livre de Grenoble...

Derniers Titres parus de Sylvain Prudhomme

couverture du livre Legende

Legende

Enfants terribles, excessifs, effrayants d'intelligence, d'audace, de mepris de tous les dangers, de parfaite incapacite d'en surmonter aucun. A la fois precoces et...

En savoir plus

couverture du livre Les grands

Les grands

Ca leur etait tombe dessus. Ils avaient eu ca. La vie leur avait donne cette chose dont tous les musiciens revent. Que pouvait bien leur foutre tout le reste. Guinee-Bissau,...

En savoir plus

Bibliographie

Les Grands, L'Arbalète, Gallimard, 2014
, avait dit Bahi, L'Arbalète, Gallimard, 2012
Tanganyika Project, Léo Scheer, 2010
L'affaire Furtif, avec des dessins de Lætitia Bianchi, Burozoïque, 2010
Les matinées d'Hercule, Le Serpent à plumes, 2007


Traductions (de l'anglais)

Pancho Villa, de John Reed, Allia, 2009
Décoloniser l'esprit, de Ngugi Wa Thiong'o, La Fabrique, 2011

SYLVAIN PRUDHOMME

9 rue Balzac
13200 ARLES
prudhommesy@wanadoo.fr

En savoir plus

Accès directs :