Née en 1971 dans le Var, installée à la Seyne-sur-Mer, Lucile Bordes est romancière et enseignante-chercheuse en linguistique à l'université de La Garde. Elle habite aujourd'hui avec sa famille une cabane de pêcheur embellie, dans le quartier des Sablettes – “on vit dans une carte postale” –, tel un poste d'observation tourné vers le monde des Hommes – et non vers la mer.

Elle écrit dès l'enfance parce que “apprendre à lire, c'était apprendre à écrire, s'approprier le monde”, et aime tant la langue et les livres qu'elle ne veut surtout pas en faire son métier : “trop précieux pour que je le galvaude !” Issue d'une famille qui valorise davantage l'école que la création, Lucile Bordes entreprend des études littéraires à Nice puis à la Sorbonne et c'est après une thèse sur les rapports entre peinture et littérature au 17e siècle qu'elle devient enseignante (à l'université et en lycée). Sans plan de carrière, elle se laisse porter par les rencontres... et passe ainsi une quinzaine d'années loin de l'écriture littéraire.


Profitant d'un temps de vacance dans sa vie professionnelle, elle participe à des ateliers d'écriture animés par Mireille Pochard à La Seyne. C'est une enthousiasmante redécouverte. “J'ai été surprise de voir que l'écriture était encore là !” L'année suivante elle se forme à l'animation d'ateliers et intervient dans des foyers d'animation populaire, des médiathèques, des établissements scolaires ; autant d'expériences qui lui permettront de retrouver un rapport ludique à l'écriture ainsi que l'envie d'écrire.

Bien que non publié, son premier manuscrit lui donne la satisfaction de “mettre un point final à un projet de fiction” et retient l'attention de l'éditrice Sandrine Thévenet (chez Liana Levi). Une rencontre décisive. “C'est ma lectrice idéale, elle comprend même ce que je rate !” Et les deux textes suivants paraîtront en effet aux éditions Liana Levi. Le premier, Je suis la marquise de Carabas, évoque une histoire aussi incroyable qu'émouvante qui commence au 19e siècle et traverse trois générations. Un patrimoine familial insoupçonné, celui d'une célèbre dynastie de marionnettistes forains, qu'elle découvre en enregistrant son grand-père alors qu'il lui raconte sa vie... Ainsi ressuscite le Grand Théâtre Pitou ! Le roman connaît un réel succès, tant public que médiatique, et lui vaut de nombreuses invitations. Il est notamment couronné du Prix des lecteurs de la ville de Clichy et sélectionné pour le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. Convaincue que “les lecteurs font le livre”, Lucile Bordes s'émeut de découvrir comment les jeunes s'approprient le sien.

Avec son second roman Décorama, elle continue d'explorer par petites touches sûres et profondes le temps en lien avec l'espace. Après la folle itinérance des saltimbanques, c'est dans l'immobilité de Georges – un personnage inoubliable, “voyageur de salle de bains” mélancolique qui pose un regard sans concession sur sa ville de bord de mer – qu'elle interroge le rapport au(x) lieu(x) ; un regard sans aigreur sur ceux auxquels on s'attache, qui changent malgré nous et perdurent dans une spatialité intime.


Ancrée dans le sud depuis toujours, Lucile Bordes est de ceux qui ne partent pas. “Je ne suis pas partie, c'est difficile ; l'espace est un bon indicateur du temps qui passe. Je ne crois pas qu'on vive dans un lieu, je crois qu'on vit avec.” Elle n'en reste pas moins une femme de rencontres qui aime partager sa passion, et pour cela elle se déplace volontiers. Actuellement elle couve un projet d'ateliers d'écriture sur le thème du lieu, afin de récolter des histoires, des voix, des vécus... de quoi nourrir peut-être un prochain livre.

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couverture du livre 86, annee blanche

86, annee blanche

Au printemps 1986, le monde decouvre Tchernobyl. Sous le nuage radioactif qui traverse lEurope, trois femmes se racontent. Lucie, dans le sud de la France, se demande sil va...

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