Pour Diane de Montlivault, la lecture à voix haute est une passion. Depuis plus de 20 ans, elle se consacre à la lecture et à l'interprétation de textes classiques ou contemporains, en solo ou duo (parfois accompagnée de musiciens pour des lectures musicales).

Diane de Montlivault de la compagnie D'Encre et de Voix.

 

En 2010, elle crée une compagnie à Gap (Hautes-Alpes) pour transmettre et partager avec différents publics son goût pour les mots et l'oralité. D'Encre et de Voix propose des formations à l'expression orale et à la lecture à voix haute en direction d'associations (Lire et Faire Lire…), de professionnels des métiers du livre (bibliothèques) ou d'amateurs (Université du Temps Libre). Elle anime des ateliers autour de la parole et de l'écriture pour enfants, adultes en réinsertion professionnelle, publics scolaires (collèges, lycées) ou empêchés (maisons d'arrêt). Elle collabore également avec des réalisateurs de films pour l'enregistrement de bandes son (voix off, clips, documentaires…).

Dans cet entretien, Diane de Montlivault évoque sa pratique des ateliers.


D'où vient votre goût pour la lecture à voix haute ?

À l'âge de 11 ans, j'ai interprété la rose du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry et cette expérience m'a profondément marquée. Elle fut suivie, chaque année, pendant toute mon adolescence, d'un rôle joué dans une pièce de théâtre. J'ai également eu la chance d'être soutenue par un professeur du lycée qui m'encourageait à lire des textes à voix haute et m'enregistrait.


Comment se déroule une séance d'atelier ?

Une séance se déroule en fonction des objectifs de l'atelier et du public visé :
1/ Temps de relaxation, respiration, détente musculaire, afin de relâcher le mental, de ressentir chaque partie du corps, de développer l'imaginaire, etc.
2/ Temps d'échauffement corporel et vocal, avec des exercices du corps en jeu dans l'espace, de diction, d'articulation, de résonnance du son, de recherche du timbre, de placement de la voix, d'improvisation, etc.
3/ Temps d'expression orale et/ou de lecture à voix haute avec l'étude des règles d'arrêt, du geste, du regard et la mise en mouvement de sa pensée au service du texte choisi.
Un travail individuel en collectif, afin que chacun puisse s'enrichir de l'écoute de l'autre et progresse à son rythme.


Avec quels textes avez-vous l'habitude de travailler ?

Encore une fois, cela dépend des participants aux ateliers et des objectifs définis. 
Il s'agit d'extraits de littérature classique ou contemporaine (narration, dialogue, correspondance, récit…), de poésie, d'auteurs vivants ou non.
Cependant, je vais privilégier un texte dont la force d'écriture se transmet plus facilement à l'oralité et permet de travailler sur le rythme de la phrase, la musicalité de la langue et l'intention de l'auteur. Par exemple, Alessandro Baricco est un auteur italien dont la traduction s'adapte parfaitement bien à la lecture à voix haute.
Cette année, j'ai proposé à mes élèves des textes variés de Victor Hugo, Albert Camus, Philippe Delerm, Daniel Pennac, Jean d'Ormesson, Françoise Héritier, Louis Aragon...


Que souhaitez-vous transmettre lors d'un atelier ?

Le plaisir de la lecture à voix haute et la vie des mots bien entendu, mais aussi je souhaite qu'un atelier soit l'opportunité pour chacun d'explorer ses "trésors cachés", d'améliorer son expression orale, de prendre confiance en soi pour communiquer avec l'autre et de découvrir ses capacités.


Quelle belle expérience d'atelier souhaiteriez-vous partager ?

Un atelier avec des hommes détenus en maison d'arrêt, qui en une semaine, par un travail collectif remarquable, ont réalisé un clip (texte et musique) en se transformant en auteur, compositeur, interprète.

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