Une nouvelle librairie a ouvert ses portes le 30 juin 2018. Collée aux arènes d'Arles, elle dédie son activité aux cultures anciennes grecques, latines et orientales.

Non, De Natura Rerum n'est pas un lieu réservé aux chartistes et aux ouvrages scolaires ! Non, vous ne devrez pas réciter vos déclinaisons en y entrant... Si les gérants baignent dans les lettres classiques, la librairie est avant tout dédiée aux mondes antiques. Et si le nom est emprunté au plus célèbre poème de Lucrèce, il faut plutôt en chercher le sens dans ce questionnement : qu'est-ce que la nature réelle des choses ?


Une approche originale des cultures antiques

La librairie est dirigée par Anne Pellegrini - originaire d'Arles, philosophe, théologue, ancienne secrétaire d'édition et responsable pendant près de cinq ans de la librairie Guillaume Budé à Paris (jusqu'alors unique librairie dédiée aux cultures antiques de France) - et par Nicolas de Lavergne - formé en Lettres classiques, Histoire, et responsable pendant une dizaine d'années de la communication scientifique et numérique de maisons d'édition.

Tous deux proposent, dans un espace d'environ 50 m2, une approche originale des cultures antiques : un millier de livres sur la vie quotidienne, la médecine, la sexualité, la cuisine, la politique, la société de l'époque... Bref, des ouvrages pour tous les publics, tant avertis que profanes. Si le fonds se compose essentiellement de livres publiés par Les Belles Lettres, il est amené à se développer. Il compte des beaux livres, des bandes dessinées, des mangas, des livres pour la jeunesse, de la littérature.  Leur point commun ? Quel que soit le genre, tous les livres sont validés scientifiquement.


Une offre diversifiée et une clientèle au rendez-vous

Le lieu se décompose en trois espaces mêlés : une librairie, une cave à bières et une galerie qui accueille des expositions temporaires. La première, Fragments, met en avant le travail photographique d'Arnaud du Boistesselin dans le cadre du Festival Voies Off.

Les livres sont présentés dans des étagères faites de pierres et de bois. Quelques canapés contribuent à la convivialité du lieu. 

Après deux mois d'ouverture, la popularité de l'espace librairie ne cesse de surprendre les propriétaires : « Notre premier constat est qu'on s'est trompé dans l'équilibre budgétaire du lieu. Nous pensions que la bière serait notre produit d'appel, mais il s'avère dans les premiers chiffres que c'est le livre ». Preuve qu'une telle offre trouve toute sa place à Arles : « Nous avons été particulièrement surpris qu'aucune librairie arlésienne ne travaille ce fonds. Forts de nos expériences respectives, nous avons donc pris le risque de venir nous installer ici. Et au vu de ces deux premiers mois d'activités, nous avons bien fait ! ».


Au fait, pourquoi la bière ?

Si la librairie promeut les cultures antiques, c'est aussi par le biais des produits consommés à l'époque : « On a souvent l'image des prélats romains dégustant leur vin. L'image n'est pas fausse, mais seuls les riches pouvaient en consommer. Bien avant le vin, on brassait de la bière et elle représentait l'essentiel des consommations d'alcool de l'époque ». Les propriétaires ont fait le tour des brasseries de la région pour trouver les produits les plus développés et à leur goût. Résultat de cette quête tant épicurienne que scientifique, l'installation d'un bar à cervoises lors des dernières rencontres Arelate sous la supervision d'un chercheur au CNRS et d'un brasseur local. Expérience qu'ils ne manqueront pas de reproduire pour tenter de se rapprocher le plus possible des goûts de l'époque où les bières étaient fabriquées sans houblon et ne pouvaient donc pas se conserver. Mais nous laissons le soin aux propriétaires de mieux vous expliquer ces points !

Accès directs :