Au sein du parc des Ateliers, la librairie Offprint est à la fois une vitrine pour les éditeurs indépendants et un espace mobile et évolutif intégré à LUMA Arles. Le projet architectural et culturel initié en 2014 par la milliardaire suisse Maja Hoffmann s'étend sur 10 hectares de friche industrielle - les anciens ateliers SNCF, bien connus du public des Rencontres de la photographie - reconvertis en campus dédié à la création, à la production, à la recherche, à l'éducation et aux archives.


Accompagner la programmation

LUMA Arles et Offprint partagent la volonté de promouvoir l'édition indépendante, socialement engagée, et tous les champs de la création contemporaine. Dans certains bâtiments industriels récemment réhabilités (comme la Grande Halle), une programmation artistique est d'ores et déjà présentée à l'année. Librairie permanente ouverte du mercredi au dimanche de 11h à 18h, Offprint accompagne les activités (expositions, résidences, ateliers...) de ce centre interdisciplinaire et expérimental mêlant artistes, chercheurs et créateurs.

Le projet LUMA Arles comprend également la construction (en cours) d'un "bâtiment ressources", une tour haute de 56 mètres conçue par l'architecte Frank Gehry. En attendant l'ouverture de cette dernière prévue en 2019, Offprint reste une librairie mobile et évolutive. Son mobilier modulaire innovant - une dizaine de tables sur roulettes réalisées sur place dans un atelier de production collaborative - lui permet de s'adapter aux différentes configurations liées à la programmation.


Favoriser la réflexion et la découverte

Offprint, avant de devenir le nom de cet espace librairie peu commun, est depuis 2010 celui de la plateforme éditoriale de la Fondation LUMA qui organise Offprint Paris (à l'automne) et Offprint London (au printemps). Ces deux foires internationales réunissent chacune plus de 150 éditeurs sélectionnés à travers le monde, dont les publications se retrouvent désormais à Arles sur les tables de la librairie Offprint : environ 450 références dans les domaines de l'art, l'architecture, le design, la culture visuelle, le graphisme, l'illustration, les sciences humaines, la jeunesse, l'imaginaire…

Comment penser l'homme et la culture dans le monde contemporain, de manière à la fois théorique et sensible ? Offprint propose de réfléchir à cette vaste question via la découverte spontanée de publications souvent peu connues, circulant pour la plupart en dehors des réseaux commerciaux traditionnels. Pour n'en citer que trois : Lectures de prison (Le Lampadaire, 2017) ; Migrant Journal (magazine en anglais) ; Devenir un expert du rakugaki (livre jeunesse traduit du Japonais, éditions B42, 2016). Si Offprint s'adresse à un large public, l'espace est surtout fréquenté par des professionnels (graphistes, maquettistes, éditeurs…) et une clientèle internationale (d'où la présence de publications en anglais).


Soutenir les éditeurs indépendants

Yannick Bouillis, fondateur et directeur artistique d'Offprint, et Jean-François Raffalli, chargé de projet à la librairie, revendiquent une véritable sélection, assumée et défendue, « reflet du travail remarquable que font ces éditeurs indépendants à l'échelle internationale » (Japon, Suisse, Angleterre, Belgique, Afrique…). Un fonds mouvant, en perpétuelle construction, sans recherche d'exhaustivité. Et une politique d'acquisition engagée : limiter au maximum le dépôt, acheter dans des quantités raisonnables et payer rapidement. Car l'accompagnement fait entièrement partie du travail des deux libraires qui tiennent à « créer un lien authentique et sincère » avec les éditeurs.

« Commercialement, les résultats sont très satisfaisants », se réjouit Jean-François Raffalli. Malgré le succès auprès du public et une relative tranquilité quant au budget (lié au mécénat), une petite préoccupation demeure : ne pas devenir une institution, rester hors des formats standards... bref, garder une certaine fraîcheur dans le travail et les propositions !

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