Un(e) auteur(e), trois questions : ainsi le blog Dazibao vous propose de découvrir régulièrement des écrivains, illustrateurs, traducteurs... de la région Paca.

 

En cette rentrée scolaire, nous avons demandé à Charlotte Magri, enseignante marseillaise et “lanceuse d'alerte”, de se prêter au jeu du "3 questions à...".
Dans son ouvrage Lettre ouverte au ministre de l'Éducation nationale (sorti en 2016 aux éditions Stock), elle dénonce l'état des écoles dans les quartiers nord de Marseille. Aujourd'hui, Charlotte Magri a abandonné son rêve de toujours - être enseignante - pour un autre : écrire des romans.


Avez-vous une actualité éditoriale ou un projet en cours ?

Je travaille sur deux projets en parallèle, deux projets très différents qui me tiennent à coeur. J'avance sur la rédaction d'un roman choral entamé depuis des années que j'ai bon espoir d'achever en 2018. C'est une gestation longue, sinueuse et festive, où les exigences de mes personnages semblent parfois me condamner à un éternel travail de documentation.
Je peaufine également un projet hybride et poétique, celui d'un album pour adultes traitant d'éducation, qui mêlera texte, dessin, fiction et réalisme. J'en ai une idée très précise en tant qu'intention, mais je sais que la réalisation sera une aventure jusqu'au bout puisque je n'ai aucun repère, aucun code sur cet objet sans catégorie.


Quel livre vous a marqué quand vous étiez enfant ? Pourquoi ?

Tous ceux qui ont fait naître un silence enchanté en moi. Des albums de Léo Lionni, Tomi Hungerer ou Claude Ponti m'ont réconciliée avec la vie, chaque mercredi après-midi à la bibliothèque de mon quartier, jusqu'à y perdre la notion de l'heure et de ma propre présence. Un peu plus tard, Vipère au poing, Les Misérables et Mon bel oranger m'ont appris la conscience de soi, le goût des mots et l'empreinte de l'émotion bue par la page, ouvrant la porte à tant d'autres livres. Mon enfance s'est finie avec Les racines du ciel, qui a longtemps fait figure dans mon panthéon personnel de chef-d'oeuvre indépassable.


Quelle est votre librairie préférée ? Rêvée ? Et pourquoi ?

Ma librairie préférée, rêvée, est celle qu'il y a en bas de chez moi (Mot à mot, à Pertuis), parce qu'elle est bien réelle et que je peux y aller tant que je veux. Quelle que soit mon humeur ou ma soif du jour, je sais que j'y trouverai toujours de quoi penser, rêver, découvrir et partager. C'est une librairie indépendante, active et passionnée, qui ne pourra jamais être remplacée par un rayon éclairé aux néons dans un grand magasin, ni par une chaîne prestigieuse de la fast-culture industrielle, ni par un site criard d'import-export au rabais. Dans ma librairie, il y a des humains avec qui parler de livres et de culture.

C'est une grande chance de nos jours d'avoir une librairie comme ça en bas de chez soi.

Derniers Titres parus de Charlotte Magri

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